Nous sommes le
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Aujourd’hui, si le monde entier « s’enjaille » sur du shatta, si des figures du dancehall comme Jahyanai King ou Bamby évoluent à l’international, cette musique caribéenne raconte une histoire plus large : celle de sons qui voyagent, se croisent et se transforment bien au-delà des frontières.

Avant le shatta, il y a le dancehall venu de Jamaïque, nourri par le reggae et le digital. Plus tôt encore, le hip-hop, adopté par une génération qui cherchait sa voix et sa place.

Les enfants de là-bas grandissent alors avec ceux d’ici, dans une culture de la street où les influences circulent plus vite que les générations ne peuvent les transmettre. Une jeunesse qui construit ses propres codes, entre ce qu’on attend d’elle et le monde qu’elle découvre.

Manuel Istace fait partie de ceux qui ont contribué à faire voyager le dancehall jusqu’en Europe. Pourtant, rien ne semblait, au départ, le conduire jusque-là.

Issu d’une famille de journalistes belges, il grandit avec un sentiment de décalage dans une société où les différences créent autant de curiosité que de rejet. Ses parents lui transmettent l’ouverture au monde, le libre arbitre, le goût de la réflexion et une certaine idée de la tolérance. Mais dehors, il se sent à part, parfois rejeté. Et d’une certaine manière, il rejette aussi ce monde trop rigide qui ne lui ressemble pas.

Anarchiste dans l’âme, fasciné par les cultures et les trajectoires humaines, il trouve naturellement sa place parmi les rejetés, les marginaux, les rêveurs. Et il s’y sent bien.

Lui qui dessine au point d’intégrer les Beaux-Arts découvre un univers fait de graffiti, de musique et de partage, notamment autour de l’Arlequin, un disquaire devenu point de rencontre pour une jeunesse bruxelloise.

Une jeunesse métissée qui évolue entre racisme, incompréhension et sentiment d’exclusion, et qui invente ensemble ses propres codes, son propre langage, sa propre manière d’exister. On s’y retrouve, on échange des sons, des idées, des influences.

C’est là que Manuel devient peu à peu Uman, et découvre les rythmes, les voix et la chaleur des Caraïbes. Ce n’est plus seulement une musique qui entre dans sa vie, mais une autre manière d’habiter la ville, de parler, de marcher, de s’exprimer. Avec l’émission H.I.P H.O.P de Sidney, tout un imaginaire déferle, comme une déflagration musicoculturelle sur une génération en mal de représentation.

Du rap, des textes, de la contestation. Uman y retrouve l’énergie punk qu’il aime tant. Mais le reggae et le ragga apportent autre chose : une forme de nonchalance caribéenne, une manière plus douce d’habiter la révolte. Car s’il rappe, il le fait avec mélodie. Brut dans les mots, porté par une voix grave et posée, qui donne du relief sans jamais atténuer le fond. Une manière de raconter un monde qui lui fait mal aux yeux. Des murs tagués aux radios, des dubplates aux scènes underground de Bass Culture…

Sous la toile

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Certaines blessures ne se résument pas à un événement.
Elles s'installent lentement, façonnent le regard que l'on porte sur soi et finissent par dicter une existence entière.
Il faut parfois une vie pour reprendre le pouvoir sur son histoire et ne plus laisser les épreuves que d'autres nous ont imposées définir qui nous sommes.

Très jeune, Sarah-Aude apprend que son corps attire des regards qu'elle ne comprend pas encore.

À 16ans, lorsqu'elle est victime d'une première agression, elle découvre une seconde violence, plus insidieuse : celle du doute, des reproches et de la culpabilité. Au lieu d'être protégée, elle a le sentiment d'être interrogée, soupçonnée, presque responsable de ce qui lui est arrivé.

On lui fait comprendre qu'elle aurait dû voir le danger, qu'elle aurait dû écouter, qu'elle aurait pu éviter ce qui lui est arrivé. Sans le vouloir, son entourage installe en elle une culpabilité qui ne lui appartient pourtant pas et elle finit par penser que sa souffrance n'a pas de valeur, elle se referme sur elle-même.

Cette culpabilité devient un poids qu'elle portera seule. Alors, lorsqu'une nouvelle épreuve survient, elle choisit le silence. Elle refuse d'affronter une nouvelle fois le regard des siens, les doutes, les démarches et le sentiment d'une justice qui ne répare pas.

Les conséquences restent profondes : la victime est celle qui doit se justifier, expliquer, prouver ce qu'elle a vécu, tandis que les responsables ne sont, pour la plupart, jamais réellement condamnés. Alors, peu à peu, une question s'impose à elle : à quoi bon parler ?

En quittant sa ville pour Paris, elle pense pouvoir tourner la page. Elle découvre la liberté, la musique, une vie intense...

Mais une nouvelle agression sexuelle fait voler en éclats l'équilibre qu'elle tentait de reconstruire. Cette fois encore, les démarches sont longues, éprouvantes, et le combat judiciaire semble presque aussi difficile que les faits eux-mêmes. Peu à peu, tout s'effondre.
Elle s'isole, quitte son travail. Elle ne supporte plus les autres. Pour anesthésier la douleur, elle sombre dans les addictions et la vie nocturne, cherchant à oublier ce qu'elle ne parvient plus à affronter.

Jusqu'au jour où une nouvelle agression manque de lui coûter la vie.

À cet instant, quelque chose bascule. Elle comprend que si elle ne se sauve pas elle-même, personne ne le fera.

La reconstruction sera longue. Bien plus longue que la descente.

Elle recommence par de petites victoires : trouver un travail, reprendre des études, retrouver une discipline. Mais surtout…

article proposé par La rédaction
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Le 14 octobre 2011, Saint-Just Borical est inhumé en Guyane, 95 ans après sa disparition dans les combats de la Première Guerre mondiale.

Son histoire est aussi celle des 1 929 poilus guyanais engagés dans les rangs de l’armée française, dont plus de 260 ne sont jamais rentrés au pays.

Saint-Just Borical avait 29 ans. Il a combattu pendant la Première Guerre mondiale et est mort pour la France.

En 1915, Saint-Just Borical est incorporé dans l’armée française. Il rejoint le 119e régiment d’infanterie en mai 1916, alors que celui-ci est au repos à Salmagne, dans la Meuse, avant de remonter vers le front de Verdun.

Quelques jours plus tard, le régiment est engagé dans les combats autour de Fleury-devant-Douaumont. Saint-Just Borical y trouve la mort. Si son décès est officiellement enregistré au 13 juin 1916, les recherches menées à partir du journal de marche du 119e régiment situent probablement sa mort au 3 juin, lors des violents combats de Verdun.

Son corps ne sera pas retrouvé. Dans ce paysage retourné par les obus, il disparaît comme tant d’autres soldats de cette guerre industrielle qui broie les hommes jusqu’à effacer leurs traces.

Il faudra attendre près d’un siècle. Le 24 avril 2011, jour de Pâques, des touristes hollandais découvrent des ossements dans les bois de Fleury-devant-Douaumont. La plaque d’identité retrouvée sur le poignet permet de les identifier : Borical Saint-Just, classe 1907.

Ses restes sont rapatriés en Guyane et Saint-Just Borical est officiellement inhumé le 14 octobre 2011 au carré militaire du cimetière de Cayenne.

Crédit photo : L’Homme blessé, Gustave Courbet, 1844-1854


article proposé par La rédaction
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Quand on raconte l'histoire des Caraïbes, deux figures reviennent souvent : celle des colons européens et celle des Africains réduits en esclavage. Pourtant, entre ces deux mondes existait une autre réalité, longtemps restée dans l'ombre : celle des libres de couleur, ou gens de couleur libres.

Leur histoire traverse les grandes sociétés coloniales françaises : Saint-Domingue, qui deviendra Haïti, mais aussi la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Louisiane. Parmi ces territoires, Saint-Domingue offre l'un des exemples les plus marquants. À la veille de la Révolution haïtienne, la population des libres de couleur y est importante, organisée et pleinement intégrée à la vie économique de la colonie.

Mais leur histoire dépasse largement un seul territoire. Elle raconte le parcours de femmes et d'hommes qui ont construit leur place dans des sociétés où leur origine continuait pourtant à définir le regard porté sur eux.

Une liberté née dans une société de contrastes

Au XVIIIᵉ siècle, Saint-Domingue est la colonie française la plus riche. Ses plantations de sucre et de café produisent une immense richesse pour l'Europe. Cette prospérité repose pourtant sur un système violent : l'esclavage de masse.

Dans les autres colonies françaises, comme la Martinique, la Guadeloupe ou la Guyane, les sociétés sont elles aussi organisées autour de rapports de domination où le statut et la couleur jouent un rôle déterminant.

Dans ce monde colonial, certaines personnes parviennent à sortir de la condition servile. Certaines sont affranchies. D'autres naissent libres, notamment dans des familles issues de plusieurs générations d'affranchissements ou de métissages.

Au fil du temps, certaines familles de couleur libre développent des commerces, exercent des métiers, possèdent des maisons…

article proposé par La rédaction
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Hérité des peuples taïnos des Caraïbes, le casabe est un pain ancestral préparé à partir du manioc. Présent depuis des siècles à Saint-Domingue, ce pain fin et croustillant témoigne de l’importance du manioc dans les cultures caribéennes et rappelle, par son histoire et son ingrédient principal, la traditionnelle cassave des Antilles.

Ingrédients

  • 1 kg de manioc frais (yuca)
  • 1 pincée de sel

Préparation

  1. Éplucher le manioc et le râper finement.
  2. Presser fortement la pâte obtenue dans un linge propre afin d’extraire le maximum de liquide.
  3. Émietter la pâte de manioc séchée et la tamiser pour obtenir une texture fine.
  4. Ajouter une pincée de sel et mélanger.
  5. Étaler une fine couche de manioc râpé sur une plaque chaude ou une poêle, en formant un disque régulier d’environ 3 à 5 mm d’épaisseur.
  6. Cuire à feu moyen jusqu’à ce que le pain soit ferme et légèrement doré.
  7. Retourner et poursuivre la cuisson jusqu’à obtenir un pain sec et croustillant.

Service

Le casabe peut être consommé seul, accompagné de sauces…

article proposé par La rédaction
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Depuis l’Antiquité, le laurier accompagne les pratiques divinatoires. Plante des oracles et des prophètes, on lui attribue le pouvoir de favoriser les rêves, d’aiguiser l’intuition et d’ouvrir un espace propice aux messages de l’invisible. ✨

Le rituel est simple : glisse une feuille de laurier sous ton matelas, juste sous ta tête, avant de dormir.
Au réveil, prendre quelques instants pour noter les rêves.

Qui sait ce que ton inconscient — ou peut-être autre chose — cherchera à te souffler ? 🍃

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À Kourou, les relations entre une partie de la population et les légionnaires du 3e Régiment étranger d’infanterie sont déjà tendues. Au cours des semaines précédant le mois d’août 2006, plusieurs soldats sont agressés. Les incidents se multiplient, la méfiance s’installe et chacun semble attendre que la situation finisse par déraper.

Le 6 août, une nouvelle agression va mettre le feu aux poudres.

Œil pour œil, dent pour dent

Une cinquantaine de légionnaires du 3e Régiment étranger d’infanterie (REI) ont décidé de se faire justice eux-mêmes et s’en prennent, dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 août 2006, à des civils dans la ville de Kourou.

Ces dernières semaines, sept soldats ont été victimes de violences. Mais c’est l’agression d’un légionnaire, dimanche midi, qui aurait déclenché cette expédition punitive. Quelques heures plus tard, des hommes encagoulés et armés de bâtons et de battes de base-ball quittent leur caserne.

Le bilan de la soirée est lourd. Plusieurs habitants sont blessés et plusieurs doivent être hospitalisés. Les réactions ne se font pas attendre. Dès le lendemain, Patrick Lassée, officier supérieur adjoint du 3e REI, qualifie les actes d’« inexcusables » et annonce que les membres du commando ont été identifiés.

Le maire de Kourou, Jean-Étienne Antoinette, condamne pour sa part « cet acte d’une violence inouïe », ainsi que toutes les formes de justice privée. Plusieurs plaintes sont déposées. Des auditions commencent et deux légionnaires sont placés en garde à vue.

Retour sur l’expédition punitive

Il est environ 22 h 30 sur la plage de la Cocoteraie lorsqu’une troupe d’une cinquantaine d’hommes encagoulés, armés de bâtons et de battes de base-ball, débarque.

« Tous les dimanches sur cette plage…

article proposé par La rédaction
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Prélever le zeste de 1 citron. Le couper en morceaux et le mixer avec un peu d'eau chaude, jusqu'à obtenir une pâte pas trop épaisse.
Déposer un peu de pâte sur le trajet des fourmis.

Si vous avez une fourmilière dans votre jardin, arroser avec cette mixture.

article proposé par La rédaction
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Au début du XXᵉ siècle, Carl Jung contribue à élargir le regard porté sur la vie psychique. À travers son parcours, l’exploration de l’inconscient ne se limite plus à l’histoire personnelle : elle s’ouvre progressivement aux rêves, aux symboles, aux mythes et aux différentes formes par lesquelles l’expérience humaine peut se transmettre et se manifester.
Plus d’un siècle plus tard, cette ouverture trouve un nouvel écho dans le regain d’intérêt pour la recherche intérieure et pour les héritages qui participent, parfois à notre insu, à construire notre manière d’être.

Carl Gustav Jung (1875-1961) est un psychiatre suisse qui a marqué l’histoire de la psychologie au début du XXᵉ siècle.

À travers son travail auprès de patients souffrant de troubles psychiques, il cherche à comprendre les mécanismes de la psyché humaine. Ses recherches sur les associations de mots attirent l’attention de Sigmund Freud, avec qui il partage pendant plusieurs années une relation intellectuelle importante.

Mais leurs chemins vont progressivement diverger.

Pour Freud, l’inconscient est principalement lié aux désirs refoulés, aux pulsions et aux frustrations qui influencent les comportements humains. Son approche cherche notamment à comprendre l’origine des conflits psychiques et ce qui, dans le parcours de l’individu, a été empêché ou rejeté.
Jung considère quant à lui que l’inconscient dépasse l’histoire personnelle. Il s’intéresse aussi à la manière dont ces contenus intérieurs se manifestent à travers les rêves, les images, les symboles et les expériences humaines.
Cette différence de vision conduit à leur séparation en 1913.

Le Livre rouge : une exploration de sa propre psyché

Après cette rupture, Jung entreprend une démarche personnelle qui va profondément influencer son œuvre.
Pendant plusieurs années, il mène une exploration intense de sa vie intérieure. Cette démarche, qui s’appuie notamment sur l’étude de ses rêves, de ses images intérieures et de différentes expériences psychiques, donnera naissance à un manuscrit qui deviendra plus tard le Livre rouge (Liber Novus).

Cette période constitue une étape fondatrice dans son parcours. Jung y explore les mécanismes de la vie psychique et développe une approche qui l’amènera ensuite à approfondir plusieurs notions majeures : les symboles, les archétypes, l’ombre et l’individuation.
Pour Jung, le travail intérieur ne consiste pas seulement à comprendre ce qui se passe en soi, mais aussi à reconnaître les différentes dimensions de sa personnalité.

L’ombredésigne les aspects de la personnalité que l’individu refuse…

article proposé par La rédaction
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Sur les bords du fleuve Montsinéry se trouvait le domaine d’un colon aux terres généreuses, qui avait droit de vie et de mort sur ses esclaves.

Une fois par an, un enfant disparaissait. Personne ne savait où, ni pourquoi, ni comment…

Enfin, pour le moment.

Dans les profondeurs abyssales du temps, Montsinnéry, sur les bords de son fleuve abritait le domaine d'un colon qui avait droit de vie et de mort sur ses esclaves.

Le seigneur possédait tant de richesses qu'il ne lui était pas possible de dénombrer toutes les plantations de ses terres. Il y avait surtout des vanilliers,des canneliers,des girofliers,des muscadiers,des cacaoyères,des caféières. Plantes à épices, champs de cannes à sucre, de manioc, de bananiers et de divers légumes se rangeaient à perte de vue.

Le seigneur habitait une colline voisine de la sucrerie et les esclaves avaient leurs cases à l'orée des grands bois.

L'allée poétique était celle des arbres fruitiers qui arrivaient devant le fleuve: orangers,parépous,cocotiers,avocatiers,oliviers,manguiers,aouaras,citronniers.

Les grands arbres formaient une voute sous laquelle le propriétaire venait se reposer: grignon, balata, acajou, cèdre, wapa, fromager.

Il aimait cet énorme fromager au pied duquel était placé un banc qui lui servait de siège de lecture. Il raffolait des ouvrages de sciences occultes et avait passé un pacte avec le diable. Il avait tout ce qu'il désirait de l'esprit malin mais, Satan, qui ne donne rien pour rien,lui demandait une âme,chaque année comme récompense.

Le Maître laissait son livre sur le banc et, à la tombée de la nuit, il demandait à un enfant d'esclave d'aller le chercher. L' enfant ne revenait pas, emporté par le diable.

Chaque année, le Maître envoyait donc, au jour fixé…

article proposé par La rédaction

Pyébannann pa ka palé bannann mal

On ne mord pas la main qui nous nourrit.

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Né en 1944, Élie Stéphenson est, avec le poète Léon-Gontran Damas, l’une des grandes figures de la littérature guyanaise.
Auteur d’une dizaine de recueils de poèmes, il a également écrit une dizaine de pièces de théâtre, dont une grande partie est longtemps restée inédite.

« Cayenne » est un poème d’Élie Stéphenson publié pour la première fois dans son recueil Catacombes de soleil (Paris : Éditions Caribéennes, 1979, pages 41-42).

Cayenne 
un nom machinal étendu entre mes lèvres
harassées de secousses exfoliées
un rappel de cris encerclés par une mutilation
de membres annexes
où s'exhibe ma solitude décharnée

Cayenne
une violence de prunelles désorientées
un clapotis de pieds tawa
dans les rios tapis
de sang
quand nos révoltes s'éveillent en 
de beaux rêves réparateurs
ma solitude est un cauchemar

crier au suicide ? 
crier au crime ? 
à la mainmise ? 
à l'assimilation ? 
crier ?

Cayenne
un acharnement de coléoptères autour 
des plantations ventre-creux et des
poissons maigres de nos gencives
une exaltation de poivre surchauffée
                         sur
des blessures attentives au bruit
au mouvement
aux couleurs à toute révolte à toute secousse
viendrez-vous, vous mirer autour de ces étangs
viendrez-vous y boire
et périr de notre Foi ?

Je ne sais pourquoi le ciel a la gueule écrabouillée
je ne sais pourquoi les oiseaux sont aphones et revanchards
je ne sais pourquoi les déserts ont pénétré les pinotières
ni pourquoi les chiens palabrent et pourquoi
les pucerons ont pris la direction des affaires

        mais je vis à Cayenne
        et je vais en mourir

article proposé par © 1979 Élie Stephenson
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Il y a des parcours qui se résument à un événement.
Celui de Vicky raconte exactement l'inverse.

Son histoire raconte surtout comment une enfant pleine de vie est devenue une femme accomplie, sans jamais renoncer à ce qu'elle était profondément.

D’origine Martiniquaise, Vicky une enfant dynamique, toujours en mouvement, toujours entourée de monde. Elle parle avec tout le monde, quel que soit l'âge, et déborde d'énergie. Elle veut vivre, découvrir, rencontrer, avancer.

Déjà, elle a cette envie d'être dans l'action.

La musique accompagne discrètement son quotidien. Chez elle, la musique est partout. Pour Vicky, une voiture sans musique est presque inconcevable.

Très jeune, à force de vouloir faire comme les grands, elle se retrouve confrontée à une réalité qu'aucun enfant n'est prêt à vivre.

Au début, c'est le déni. À cet âge, on ne mesure pas vraiment ce que signifie devenir adulte, encore moins devenir parent. Entre la peur, la honte et l'incompréhension, elle espère que la réalité disparaîtra. Elle garde le silence, tente même des remèdes traditionnels sans prévenir ses parents. Puis vient le moment où elle n'a plus d'autre choix que de leur parler.

Le verdict tombe : elle est enceinte de quatre mois, alors qu'elle a tout juste 12ans.

L'avortement n'est plus envisageable. Toute la famille est bouleversée. Les discussions commencent. On évoque l'abandon, l'adoption, un départ loin de son environnement. Mais au milieu de toutes ces possibilités, quelque chose change en elle.

Cet enfant est le sien.

Ce qui a pu être une erreur de jeunesse ne fera jamais de son fils une erreur. Elle refuse de se cacher. Elle refuse de l'abandonner. Accompagnée par sa grande sœur, elle décide d'assumer pleinement son rôle de mère.

Elle grandit en même temps que son enfant.

Quand l'occasion lui est donnée de retrouver une vie d'adolescente, elle choisit pourtant de rester auprès de lui. Ce choix, elle ne le regrettera jamais. Son fils devient sa plus grande motivation. Elle veut lui offrir la meilleure vie possible, lui transmettre des valeurs, lui montrer qu'il est possible de croire en soi malgré les obstacles.

Ses rêves évoluent avec les réalités de la vie.

Elle envisage d'abord de devenir vétérinaire, avant de comprendre que cette voie n'est finalement pas faite pour elle. Elle s'oriente alors vers des études de droit, mais ce projet implique de partir en métropole. Avec un jeune enfant, cette perspective devient difficile à envisager. Elle choisit donc de rester et réoriente son parcours vers le secteur social.

Lorsque sa grande sœur, qui l'héberge depuis la naissance de son fils…

article proposé par La rédaction
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Et si le célèbre sirop de Liège se faisait une place sous le soleil de la Guyane ? Pommes et poires mijotent longuement avec une touche de miel et de citron pour donner naissance à une préparation dense, fruitée et légèrement acidulée.

Une version made in Yana, pensée pour accompagner aussi bien les recettes salées que les gourmandises sucrées.

Ingrédients

Pour 250 à 300 ml
  • 700 g de pommes + 300 g de poires, épluchées et épépinées (ou 1 kg de pommes si vous n’avez pas de poires)
  • 100 à 150 g de miel selon le goût
  • 2 c. à soupe de jus de citron
  • 5 cl d'eau
  • ½ c. à café de cannelle, facultatif

Préparation

Couper les fruits en morceaux et mets-les dans une casserole avec l'eau et le citron.

Faire cuire 30 à 40 minutes à feu doux, jusqu'à obtenir une compote très fondante.

Mixer très finement.

Ajouter le miel.

Faire cuire à découvert et à feu très doux, en remuant régulièrement pour faire évaporer l'eau pour concentrer les pommes.

Quand la préparation devient très épaisse, brillante et presque pâteuse…

article proposé par La rédaction
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L’été touche à sa fin, après un épisode de fortes chaleurs qui aura marqué les esprits. Comme chaque année, la chaleur s’est invitée dans les conversations, les villes ont semblé étouffantes et chacun a attendu avec impatience que le thermomètre redescende.

Pourtant, quelques semaines plus tôt, nombreux étaient ceux qui rêvaient exactement de cela. On part en Espagne, au Mexique, en Inde, dans les Caraïbes : on cherche le soleil, la mer, la lumière et les températures élevées.

Contradiction ? Pas vraiment. La chaleur n’est simplement pas vécue de la même manière partout. Et depuis un territoire où elle fait partie du quotidien, il est intéressant de regarder ce qui rend parfois la chaleur si difficile à supporter ailleurs.

Vivre dans la chaleur, ce n’est pas seulement avoir chaud

Dans les régions habituées aux températures élevées, on ne souffre pas nécessairement moins. Une chaleur importante reste éprouvante partout. Mais on apprend à composer avec elle : les horaires peuvent changer, certaines activités sont évitées aux heures les plus chaudes, on recherche l’ombre et l’on profite des moments où l’air extérieur se rafraîchit pour ouvrir.

L’architecture elle-même peut participer à cette adaptation : espaces ombragés, ouvertures favorisant la circulation de l’air, persiennes, cours intérieures, végétation… Ce sont parfois des choses très simples.

En France, on a plutôt tendance à vouloir continuer comme d’habitude, puis à chercher comment maintenir exactement le même confort lorsque la température augmente. On sait parfaitement partir chercher la chaleur ; on a simplement moins le réflexe d’adapter son quotidien lorsqu’elle vient à nous.

Et puis il y a la ville

La chaleur que l’on ressent au milieu d’une ville n’est pas seulement celle annoncée par le thermomètre.

Un espace végétalisé, ombragé et traversé par une légère brise n’offre pas le même environnement qu’une place entourée de béton et d’asphalte. Les surfaces minérales absorbent le rayonnement solaire et stockent la chaleur avant de la restituer. Les bâtiments peuvent en faire autant. La nuit, lorsque l’on aimerait retrouver un peu de fraîcheur, la ville continue alors de relâcher ce qu’elle a accumulé pendant la journée : c’est l’un des mécanismes de l’îlot de chaleur urbain.

Dans cette histoire, les arbres jouent un rôle que l’on réduit parfois à leur aspect esthétique. Leur feuillage apporte de l’ombre, limite le rayonnement solaire direct et leur évapotranspiration contribue au rafraîchissement de l’environnement. À l’inverse…

article proposé par La rédaction
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Au détour de quelques étals de certains marchés, vous avez peut-être déjà aperçu ces gobelets colorés remplis de billes de tapioca, de lait de coco et de graines de basilic, parfumés au pandan et parfois agrémentés d’un peu de sirop de canne. Une boisson qui se déguste bien fraîche.

Les Couleurs De l'ouest vous propose une autre version, tout aussi gourmande : un dessert frais et parfumé, où la douceur du lait de coco et du pandan rencontre les perles de tapioca et la fraîcheur du melon.

Ingrédients — 4 à 6 personnes

  • 1 kg de melon, ou un autre fruit selon votre goût
  • 400 ml de lait de coco
  • 200 g de perles de tapioca
  • 200 g de sucre
  • 2 feuilles de pandan, ou quelques gouttes d’extrait
  • 1 pincée de sel
  • Colorant alimentaire

Préparation

Le lait de coco au pandan

Faire chauffer le lait de coco avec les feuilles de pandan. Porter à frémissement et laisser infuser environ 5 minutes. Retirer du feu et laisser reposer pendant la préparation du reste du dessert.

Les perles de tapioca

Faire éventuellement tremper les perles de tapioca une dizaine de minutes dans de l’eau froide avant la cuisson.

Les faire ensuite cuire dans une grande casserole d’eau bouillante pendant environ 25 minutes, en remuant régulièrement pour éviter qu’elles n’attachent. Lorsqu’elles deviennent translucides, les rincer à l’eau froide afin de bien les séparer.

Répartir les perles dans deux saladiers et ajouter le colorant alimentaire de votre choix.

Le melon

Découper le melon en petits cubes et le réserver au frais.

Le caramel

Faire chauffer le sucre dans une casserole à feu moyen jusqu’à ce qu’il commence à brunir. Ajouter progressivement l’équivalent en eau, puis une petite pincée de sel. Laisser épaissir quelques minutes.

Dressage

Dans un grand verre, déposer une couche de perles de tapioca colorées, puis quelques morceaux de melon. Alterner les couches jusqu’à remplir le verre.

Ajouter le sirop de caramel, puis terminer avec le lait de coco parfumé au pandan.

Il ne reste plus qu’à déguster !

article proposé par La rédaction
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Parfois, il suffit de pousser une porte pour découvrir un autre univers. 🌍

Cette fois, direction Liège, en Belgique 🇧🇪, pour aller chercher une saveur, une tradition… et un petit clin d’œil à ceux qui, venus de Belgique, ont posé leurs valises en Guyane.

Parce qu’au fond, peu importe la distance, certaines recettes ont le pouvoir de faire voyager… et de rappeler un peu la maison. ❤️

Une spécialité liégeoise à découvrir, à préparer… et surtout à partager.

Boulets


  • 500 g de hachis de bœuf et 500 g de hachis de porc
  • 4 tranches de pain blanc (sans croûte) trempées dans du lait
  • 1 oignon finement haché
  • 1 bouquet de persil finement haché
  • sel, poivre, muscade, chapelure
  • 2 œufs

Sauce

  • 4 oignons hachés
  • 4 c. à soupe de cassonade brune
  • 1 filet de vinaigre de vin rouge
  • 1 litre de bouillon de viande
  • 2 c. à soupe de sirop de Liège
  • 4 clous de girofle, quelques baies de genévrier, 2 feuilles de laurier, une pincée de thym, sel, poivre
  • des raisins secs

Préparation des boulets :

  • Pétrir les ingrédients afin d’obtenir un mélange homogène et rouler les boulets de environ 100 g pièce.
  • Les cuire 40 minutes au four.

Préparation de la sauce :

  • Retirer les boulets. Dans le jus de cuisson, faire revenir les oignons, saupoudrer de thym. Laisser blondir.
  • Ajouter la cassonade brune puis déglacer avec le vinaigre.
  • Mouiller avec le bouillon, porter à ébullition et incorporer sirop de Liège, clous de girofle, genévrier, laurier, sel et poivre.
  • Laisser cuire pendant 30 minutes.
  • En fin de cuisson, ajouter les raisins secs et lier légèrement la sauce avec de la fécule de maïs ou de la farine.
  • Disposer les boulets dans la sauce et laisser frémir quelques minutes à feu doux.
  • Servir avec des frites et de la salade.
article proposé par La rédaction
Suivez les indices, trouvez
les graines de wassaï cachées
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Les nouvelles du monde

Astuces | Éloigner les fourmis
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Kourou : Il était une fois
À Kourou, les relations entre une partie de la population et les légionnaires du 3e Régiment étranger d’infanterie sont déjà tendues. Au cours des semaines précédant le mois d’août 2006, plusieurs soldats sont agressés. Les incidents se multiplient, la méfiance s’installe et chacun semble attendre que la situation finisse par déraper. Le 6 août, une nouvelle agression va mettre le feu aux poudres.
La légende de "Baka La Main"
Sur les bords du fleuve Montsinéry se trouvait le domaine d’un colon aux terres généreuses, qui avait droit de vie et de mort sur ses esclaves. Une fois par an, un enfant disparaissait. Personne ne savait où, ni pourquoi, ni comment… Enfin, pour le moment.
Les libres de couleur : une histoire caribéenne entre liberté, héritage et contradictions coloniales
Quand on raconte l'histoire des Caraïbes, deux figures reviennent souvent : celle des colons européens et celle des Africains réduits en esclavage. Pourtant, entre ces deux mondes existait une autre réalité, longtemps restée dans l'ombre : celle des libres de couleur, ou gens de couleur libres. Leur histoire traverse les grandes sociétés coloniales françaises : Saint-Domingue, qui deviendra Haïti, mais aussi la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Louisiane. Parmi ces territoires, Saint-Domingue offre l'un des exemples les plus marquants. À la veille de la Révolution haïtienne, la population des libres de couleur y est importante, organisée et pleinement intégrée à la vie économique de la colonie. Mais leur histoire dépasse largement un seul territoire. Elle raconte le parcours de femmes et d'hommes qui ont construit leur place dans des sociétés où leur origine continuait pourtant à définir le regard porté sur eux.
MEMOIRE DE GUYANE : Un poilu nommé Borical
Le 14 octobre 2011, Saint-Just Borical est inhumé en Guyane, 95 ans après sa disparition dans les combats de la Première Guerre mondiale. Son histoire est aussi celle des 1 929 poilus guyanais engagés dans les rangs de l’armée française, dont plus de 260 ne sont jamais rentrés au pays. Saint-Just Borical avait 29 ans. Il a combattu pendant la Première Guerre mondiale et est mort pour la France.
Poème : Cayenne, d'Elie Stephenson
Né en 1944, Élie Stéphenson est, avec le poète Léon-Gontran Damas, l’une des grandes figures de la littérature guyanaise. Auteur d’une dizaine de recueils de poèmes, il a également écrit une dizaine de pièces de théâtre, dont une grande partie est longtemps restée inédite. « Cayenne » est un poème d’Élie Stéphenson publié pour la première fois dans son recueil Catacombes de soleil (Paris : Éditions Caribéennes, 1979, pages 41-42).
Psycho | Cark Jung - voyage au coeur de l'inconscient
Au début du XXᵉ siècle, Carl Jung contribue à élargir le regard porté sur la vie psychique. À travers son parcours, l’exploration de l’inconscient ne se limite plus à l’histoire personnelle : elle s’ouvre progressivement aux rêves, aux symboles, aux mythes et aux différentes formes par lesquelles l’expérience humaine peut se transmettre et se manifester. Plus d’un siècle plus tard, cette ouverture trouve un nouvel écho dans le regain d’intérêt pour la recherche intérieure et pour les héritages qui participent, parfois à notre insu, à construire notre manière d’être.
Recette | Boulet à la liégeoise
Parfois, il suffit de pousser une porte pour découvrir un autre univers. 🌍 Cette fois, direction Liège, en Belgique 🇧🇪, pour aller chercher une saveur, une tradition… et un petit clin d’œil à ceux qui, venus de Belgique, ont posé leurs valises en Guyane. Parce qu’au fond, peu importe la distance, certaines recettes ont le pouvoir de faire voyager… et de rappeler un peu la maison. ❤️ Une spécialité liégeoise à découvrir, à préparer… et surtout à partager.
Recette | Casabe de yuca
Hérité des peuples taïnos des Caraïbes, le casabe est un pain ancestral préparé à partir du manioc. Présent depuis des siècles à Saint-Domingue, ce pain fin et croustillant témoigne de l’importance du manioc dans les cultures caribéennes et rappelle, par son histoire et son ingrédient principal, la traditionnelle cassave des Antilles.
Recette | Nam Van
Au détour de quelques étals de certains marchés, vous avez peut-être déjà aperçu ces gobelets colorés remplis de billes de tapioca, de lait de coco et de graines de basilic, parfumés au pandan et parfois agrémentés d’un peu de sirop de canne. Une boisson qui se déguste bien fraîche. Les Couleurs De l'ouest vous propose une autre version, tout aussi gourmande : un dessert frais et parfumé, où la douceur du lait de coco et du pandan rencontre les perles de tapioca et la fraîcheur du melon.
Recette | Sirop de Liège made in Yana
Et si le célèbre sirop de Liège se faisait une place sous le soleil de la Guyane ? Pommes et poires mijotent longuement avec une touche de miel et de citron pour donner naissance à une préparation dense, fruitée et légèrement acidulée. Une version made in Yana, pensée pour accompagner aussi bien les recettes salées que les gourmandises sucrées.
Rituels & croyances | Et si tes rêves avaient quelque chose à dire ?
Depuis l’Antiquité, le laurier accompagne les pratiques divinatoires. Plante des oracles et des prophètes, on lui attribue le pouvoir de favoriser les rêves, d’aiguiser l’intuition et d’ouvrir un espace propice aux messages de l’invisible. ✨ Le rituel est simple : glisse une feuille de laurier sous ton matelas, juste sous ta tête, avant de dormir. Au réveil, prendre quelques instants pour noter les rêves. Qui sait ce que ton inconscient — ou peut-être autre chose — cherchera à te souffler ? 🍃
Sarah-Aude : Breath & Build
Certaines blessures ne se résument pas à un événement. Elles s'installent lentement, façonnent le regard que l'on porte sur soi et finissent par dicter une existence entière. Il faut parfois une vie pour reprendre le pouvoir sur son histoire et ne plus laisser les épreuves que d'autres nous ont imposées définir qui nous sommes.
Uman : Roots & Culture
Aujourd’hui, si le monde entier « s’enjaille » sur du shatta, si des figures du dancehall comme Jahyanai King ou Bamby évoluent à l’international, cette musique caribéenne raconte une histoire plus large : celle de sons qui voyagent, se croisent et se transforment bien au-delà des frontières. Avant le shatta, il y a le dancehall venu de Jamaïque, nourri par le reggae et le digital. Plus tôt encore, le hip-hop, adopté par une génération qui cherchait sa voix et sa place. Les enfants de là-bas grandissent alors avec ceux d’ici, dans une culture de la street où les influences circulent plus vite que les générations ne peuvent les transmettre. Une jeunesse qui construit ses propres codes, entre ce qu’on attend d’elle et le monde qu’elle découvre. Manuel Istace fait partie de ceux qui ont contribué à faire voyager le dancehall jusqu’en Europe. Pourtant, rien ne semblait, au départ, le conduire jusque-là.
Vicky - Tout simplement
Il y a des parcours qui se résument à un événement. Celui de Vicky raconte exactement l'inverse. Son histoire raconte surtout comment une enfant pleine de vie est devenue une femme accomplie, sans jamais renoncer à ce qu'elle était profondément.

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