Certains connaissent Yanissa, une character concept series (série centrée sur un personnage et son univers) qui, à travers l’univers des Sims et avec beaucoup d’humour, nous fait découvrir ses aventures : tantôt agent immobilier, tantôt employée de La Poste ou chanteuse, Yanissa dit ce qu’elle pense, autant avec sa bouche qu’avec ses poings.
Derrière la voix de Yanissa se cache Yayas, créateur, scénariste et comédien-doubleur... De la prise de vue au montage, il maîtrise tout l’univers visuel et numérique. En attendant des projets ou de collaborer avec des modèles, il est le projet, le modèle, photographe…
Sur son compte instagram chaabin_973, c’est tout son univers s’y exprime : ses œuvres stylisées ne sont pas sans rappeler l’univers graphique et audacieux de Jungle Fever avec les portraits iconiques de Grace Jones par Jean-Paul Goude.
Yayas est un jeune homme dont les traits fins semblent avoir inspiré les fées… ou peut-être se sont-elles trompées en lui offrant une voix qui, non seulement ne muera pas, mais se fera féminine.
Enfant, Yayas aimait déjà le spectacle : quand d’autres jouaient aux petits bonhommes ou aux poupées, lui jouait déjà avec lui-même, il se met en scène dans cet univers qui n’appartient qu’aux enfants, avec plaisir et insouciance. Mais le regard jugeur des adultes et leur intolérance viennent briser ce monde. Ces concepts incompréhensibles pour un enfant lui font seulement comprendre que ce qu’il fait « ne se fait pas », encore moins en public.
Alors il essaie d’être le garçon qu’on attend de lui. Sérieux. Conformiste… mais difficile de changer quand on ne sait pas ce qui ne va pas.
Grâce à la recomposition de sa famille, ses amours pour la mise en scène reprennent vie, mais uniquement dans les chambres d’enfants. Avec ses nouveaux frères et sœurs, ils font leur propre télénovela. C’est là que naît Chanelle, prémice de Yanissa…
Chemin faisant, l’adolescent se dit qu’il devrait arrêter ces « enfantillages ». Un grand garçon ne joue pas à être une fille, même pour s’amuser. D’autant plus que sa voix reste beaucoup trop douce pour un « mâle ».
Alors qu’il rêve d’art, dessine et se projette dans la création, on le définit et décide de sa nature, alors que lui-même ne sait pas encore qui il est.
Ses manières, sa voix, tout ce qu’il est, lui valent moqueries et insultes, qui se transforment très vite en harcèlement, venant autant de ses camarades que des enseignants, dégagés de toute responsabilité.
Yayas respecte les adultes. Ce sont eux qui savent, eux qui guident, eux qui protègent. Pourtant personne ne le regarde. Personne ne le voit. Personne ne perçoit sa souffrance. Jour après jour, il s’enlise dans l’anxiété, allant jusqu’à faire des crises d’angoisse pendant les cours, sous les yeux moqueurs de ses camarade et l’indifférence des enseignants.
Pourtant, Yayas a des rêves . Des ambitions. Comme un condamné qui trace des traits sur les murs de sa prison et voit dans le bac sa libération. Libéré, il pourrait faire des études…