Pascal – Une lumière de l’ombre

visuel

Autour d’une fusée, des femmes et des hommes venus de différents horizons travaillent à un même projet. Chacun possède son rôle, son expertise, sa place dans cette mécanique où tout doit fonctionner ensemble.

Pascal évolue dans cet univers. Une sorte de chef d’orchestre, qui veille à l’ensemble, comprend le rôle de chacun et coordonne les petites mains de l’ombre. Celles qui, sans être sous les projecteurs, donnent vie à l’extraordinaire.

Ce goût pour l’ombre ne date pas d’hier.

Enfant, Pascal est plutôt discret. Lorsqu’il se sent en confiance, il s’exprime davantage, plaisante, fait le clown. L’humour lui permet de détendre l’atmosphère, mais aussi de gérer son propre stress, de détourner un peu l’attention de lui. Derrière les petites boutades, il y a cette réserve qu’il a toujours conservée, et cette envie de choisir son environnement plutôt que de simplement le subir.

C’est une manière d’être qui va, sans qu’il le sache encore, guider une bonne partie de son parcours.

De la scène à la console

L’histoire commence au lycée, avec une guitare.

Il se découvre certaines facilités et se prend au jeu. La musique était pourtant déjà entrée dans sa vie par le piano, que ses parents lui avaient imposés. Une expérience vécue alors comme une contrainte, mais dont il gardera finalement quelque chose. Où qu’il aille, il y aura toujours un piano autour de lui.

Puis vient la scène.

Il joue de la guitare, puis chante. Il découvre le plaisir de jouer devant un public, mais la scène est une révélation à double tranchant.

Il aime y être, mais vit difficilement cette mise en lumière. Le stress est intense, les émotions aussi.

En parallèle, dans le groupe, il est déjà celui qui s’occupe de la technique. Le premier arrivé, celui qui installe, prépare, vérifie.

Il aime monter, construire, comprendre comment les choses fonctionnent. Une appétence qui trouve aussi un prolongement dans ses études, où il développe une vision plus large de la mécanique et de l’électronique.

Peu à peu, il glisse dans l’ombre.

Là où il peut retrouver l’intensité de la scène sans être sous les projecteurs.

Il investit dans du matériel. Il construit son expérience au fil des concerts, des erreurs et des rencontres.Derrière la console, Pascal trouve une place qui lui correspond.

Il peut être au cœur de la musique sans avoir besoin d’être au centre de la scène.

Le son, c’est une question d’écoute. Chaque instrument raconte quelque chose. Chaque musicien apporte une couleur, une énergie, une manière de jouer.

Il faut comprendre une musique, ses codes, son univers. Savoir passer d’un artiste à l’autre, d’une ambiance à une autre, comme un caméléon qui change de couleur sans perdre son identité. Sans effacer l’autre. Bien au contraire.

En studio, le temps permet de chercher, de recommencer, de corriger.

En live, il faut être dans l’instant. Écouter, comprendre, anticiper.

Pour Pascal, l’ingénierie du son devient ainsi une manière de voyager à travers des univers différents, de ressentir l’autre et de se connecter à ce qu’il cherche à transmettre. Créer, avec l’artiste, un instant qui puisse toucher ceux qui l’écoutent.

C’est aussi une manière pour lui de vivre ses propres émotions, sans avoir besoin de les placer au premier plan.

Originaire de Normandie, c’est à Bordeaux que la musique prend une place importante dans sa vie. Puis, en 2011, une courte mission l’amène en Guyane.

On est loin du coup de foudre.

Le rythme, les habitudes, les rapports entre les gens : beaucoup de choses le surprennent. Ce qui lui apparaît alors comme de la nonchalance ou du laxisme est à l’opposé de ses repères.

Mais il revient.

La Guyane sait se faire patiente.

Peu à peu, son regard change. Cette proximité qui l’avait d’abord dérangé devient justement ce qui l’attire. Il découvre une autre manière de vivre, tournée vers les autres, la nature, les sens et la culture. Dans cette simplicité, il entrevoit une autre vérité, un autre cadre de vie qu’il imagine aussi pour ses enfants.

Alors, en 2015, il choisit finalement de s’y installer avec sa famille.

Avec cette nouvelle vie vient aussi l’envie de se recentrer sur l’essentiel. Il décide de la mettre la scène de côté.

Il pense avoir refermé cette porte.

Mais envie d’apprendre la batterie suffit à rouvrir une brèche. Il rencontre des musiciens, échange avec eux, parle de musique. Il dépanne. Il rencontre. Il dépanne encore.Des concerts puis des festivals, et toujours les rencontres, le partage mais aussi la transmission.

Ce qui devait rester une histoire ancienne reprend finalement sa place.

Car ce qui est en lui refuse de rester dans l’ombre.

Pascal n’a finalement pas renoncé à la lumière. Il a trouvé la manière de la faire exister. À sa façon.

Dans ce moment où chacun apporte une part de lui-même et où les énergies s’accordent pour ne former qu’un seul mouvement.

Celui de l’amour.

➤